Merci Monsieur TRUMP !

Merci Monsieur TRUMP !
Tribune de Nicolas Ugalde-Lascorz, Directeur Général
Il est parfois des réalités brutales que seule la géopolitique sait imposer. Alors, puisqu’il faut sans doute en passer par là, disons-le avec une pointe d’ironie : merci à Donald Trump. En déclenchant une guerre avec l’Iran, le président américain offre à l’Europe une démonstration grandeur nature de ce que nous avançons depuis des années : notre dépendance aux énergies fossiles est une vulnérabilité économique et stratégique majeure. La France est malade de sa dépendance aux énergies fossiles, addict d’une drogue dure dont le pays ne peut se passer. Alors plutôt que de financer la pénurie, ne devrions-nous pas traiter les causes de la dépendance ?
Car derrière chaque tension internationale, derrière chaque flambée des prix du pétrole ou du gaz, se cache une réalité simple : tant que nous dépendrons d’énergies importées, nous subirons les décisions et les conflits des autres.
Dans ce contexte, les annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu marquent un tournant. Elles actent enfin une évidence industrielle, économique et géopolitique : l’électrification de nos usages n’est pas une option, c’est une nécessité. La France entre enfin en cure de désintoxication des énergies fossiles.
Une trajectoire enfin assumée
Fixer l’objectif d’inverser notre mix énergétique — aujourd’hui constitué à 60 % d’énergies fossiles — à horizon 2035 constitue un signal fort. Il en va de même du doublement du soutien public à l’électrification, porté à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.
Ces annonces traduisent une prise de conscience que la filière appelle de ses vœux depuis longtemps : la souveraineté énergétique passe par une production nationale, compétitive et décarbonée d’électricité.
L’électrification de la mobilité en est un exemple des plus concret. Viser deux tiers du parc automobile électrique à horizon 2030, relancer le leasing social, soutenir les « gros rouleurs » et accélérer l’électrification des flottes professionnelles sont des mesures concrètes, attendues et nécessaires. Elles permettront de réduire une dépendance directe au pétrole importé.
De la même manière, le plan d’électrification du bâtiment — interdiction des chaudières dès la fin de l’année, déploiement massif des pompes à chaleur made in France, sortie du gaz pour des millions de logements sociaux — constitue un levier structurant pour réduire durablement notre vulnérabilité face aux marchés internationaux du gaz.
Enfin, l’approche territoriale, avec l’identification de 100 zones engagées vers le “zéro gaz”, va dans le sens d’une planification plus opérationnelle, au plus près des réalités locales.
Produire pour électrifier : l’équation centrale
Toutefois, électrifier suppose une condition préalable, trop souvent sous-estimée : être en surproduction d’électricité et produire sur notre sol. Cette condition est l’essence même pour garantir un prix stable et compétitif, décorrélé des prix du gaz et des soubresauts du marché européen.
Sur ce point, la cohérence du discours est essentielle. L’électricité dont nous aurons besoin devra être abondante, compétitive et décarbonée. Cela suppose d’assumer pleinement le rôle complémentaire du nucléaire et des énergies renouvelables.
Ces dernières constituent aujourd’hui une arme d’électrification massive, le levier le plus rapide à mobiliser pour augmenter les capacités de production. Elles offrent des coûts compétitifs, des délais de déploiement courts, une capacité à s’adapter aux spécificités territoriales et une réponse aux contraintes d’un marché électrique en pleine mutation.
Face aux besoins induits par l’électrification, vaut-il mieux être propriétaire ou locataire de son énergie ? C’est tout notre enjeu à court terme.
Dans un contexte où les crises énergétiques semblent vouloir se multiplier, les énergies renouvelables sont également un rempart direct contre la volatilité des prix des énergies fossiles. Une électricité produite localement n’est pas soumise aux tensions géopolitiques internationales.
C’est en ce sens que l’affirmation du Premier ministre — « aucune activité ne doit être dans une situation de dépendance » — résonne particulièrement. Elle constitue, de fait, un argument structurant en faveur du déploiement prioritaire des énergies renouvelables.
Une ambition encore à consolider
Pour autant, une question demeure : cette ambition sera-t-elle pleinement traduite dans la trajectoire opérationnelle du pays ?
La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), publiée en début d’année, donne une orientation. Elle a le mérite d’exister après une période d’incertitude préjudiciable. Mais elle reste, à ce jour, en décalage avec le niveau d’ambition exprimé dans les récentes annonces.
Or, la filière a besoin de visibilité. Les projets énergétiques s’inscrivent dans des cycles longs, nécessitant des investissements lourds et une stabilité réglementaire. Sans une feuille de route claire à horizon 2035, alignée avec les objectifs d’électrification, le risque est réel de freiner les dynamiques d’investissement.
Il ne s’agit pas ici de demander des conditions particulières, mais de garantir une cohérence d’ensemble : on ne peut appeler à électrifier massivement sans créer les conditions pour produire massivement.
De la prise de conscience à l’exécution
Nous assistons aujourd’hui à une forme de réveil collectif. Il aura fallu une crise géopolitique majeure pour remettre au centre du débat une évidence industrielle : l’énergie est une condition de souveraineté.
Nous ne pouvons que nous en féliciter avec amertume.
Mais cette prise de conscience doit désormais se traduire en actes. Produire davantage et plus vite, sur notre territoire. Simplifier les procédures. Stabiliser les cadres réglementaires. Donner de la visibilité aux acteurs économiques et aux territoires. Ce que le rapport Lévy – Tuot préconise aujourd’hui.
Car une stratégie énergétique ne se juge pas à ses intentions, mais à sa capacité d’exécution.
Dans un monde où les crises se succèdent, la France dispose d’un atout considérable : une électricité déjà largement décarbonée et un potentiel de développement encore important.
À condition de s’en donner les moyens.
L’électrification de notre économie peut être un levier de compétitivité, de réindustrialisation et de souveraineté. Elle peut aussi être notre meilleure protection contre les soubresauts du monde.
À une condition : que les objectifs annoncés s’accompagnent des moyens nécessaires pour les atteindre.
Le cap est désormais posé. Il nous appartient collectivement de ne pas le manquer.
VDN Group : un acteur de terrain au service de la souveraineté énergétique
VDN Group est un producteur indépendant d’électricité renouvelable qui conjugue expertise technique, ancrage territorial et engagement sociétal. Fondé en 2013, le groupe développe, construit et exploite des parcs éoliens, solaires ainsi que des solutions de stockage sur l’ensemble du territoire français.
Filiale du groupe allemand LOSCON, acteur de référence dans les énergies renouvelables depuis plus de 25 ans, VDN bénéficie de l’agilité d’une structure à taille humaine et de la solidité industrielle d’un groupe européen. Ce positionnement unique lui permet de mener des projets résilients et co-construits avec les territoires.
À travers ses projets, VDN agit concrètement pour :
- la souveraineté énergétique des entreprises et des collectivités,
- la compétitivité locale, en mutualisant les ressources et en favorisant les circuits courts de l’énergie,
- la transition écologique, avec des solutions sur mesure en autoconsommation, agrivoltaïsme et mobilité électrique.
Avec près de 200 MW éoliens déjà construits et plus d’1 GW de projets en développement (éolien et solaire), VDN contribue activement à l’objectif de relocalisation de l’énergie. Son ambition : faire émerger un pacte énergétique local, au service du territoire et ses acteurs économiques.


